Comment ouvrir son institut de beauté ?
Typhaine.G
26 Nov, 2025

Lecture : 5 min

Le marché de l’esthétique en France affiche une croissance soutenue et représente un secteur porteur pour les entrepreneurs passionnés. Entre les évolutions des tendances beauté, la demande croissante de bien-être et l’essor des soins personnalisés, ouvrir un institut de beauté constitue une opportunité professionnelle attractive. Mais réussir cette aventure entrepreneuriale nécessite bien plus qu’une simple passion pour l’esthétique : une préparation rigoureuse, des compétences solides et une compréhension fine des réglementations sont indispensables.
Ce guide vous accompagne pas à pas dans votre projet d’ouverture, de la formation initiale jusqu’au lancement effectif de votre activité. Avec Sorado Formation, bénéficiez de conseils d’experts pour transformer votre ambition en réalité professionnelle.

Le saviez-vous ?

Le secteur de l’esthétique représente plus de 40 000 entreprises en France et génère un chiffre d’affaires annuel dépassant les 2 milliards d’euros. Avec 15 000 instituts de beauté et 30 000 professionnels, ce marché affiche une croissance constante de 2 à 3% par an.

Faut-il un diplôme pour ouvrir un institut de beauté ?

La réglementation française encadre strictement l’ouverture d’un institut de beauté. Contrairement à certaines idées reçues, posséder une qualification professionnelle n’est pas optionnel mais légalement requis pour exercer des soins esthétiques.

Les diplômes obligatoires

Trois diplômes principaux permettent d’exercer légalement les métiers de l’esthétique en France :

Le CAP Esthétique Cosmétique Parfumerie

Il constitue le diplôme de base, accessible dès la fin du collège. Cette formation de deux ans (ou un an en reconversion) couvre les fondamentaux : soins du visage, épilations, manucure, maquillage et connaissances en cosmétologie. C’est le minimum requis pour pratiquer les soins esthétiques.

Le BP Esthétique Cosmétique Parfumerie

Il se prépare en deux ans après le CAP et élève le niveau de qualification. Ce brevet professionnel approfondit les techniques avancées, la gestion d’institut et le management d’équipe. Il permet d’accéder à des responsabilités managériales.

Le BTS Métiers de l’Esthétique-Cosmétique-Parfumerie (MECP)

Ce diplôme représente le niveau Bac+2. Accessible après le baccalauréat, ce diplôme propose trois options : Management, Formation-Marques, ou Cosmétologie. Il prépare aux fonctions de direction et offre une vision globale du secteur.

Les dispenses possibles

La loi prévoit deux situations dispensant le chef d’entreprise de détenir personnellement un diplôme d’esthétique :

L’expérience professionnelle : justifier de trois années d’activité en qualité de dirigeant d’entreprise, ou d’occupant un poste de responsable dans le domaine de l’esthétique dispense de diplôme. Cette expérience doit être prouvée par des documents officiels (Kbis, contrats de travail, bulletins de salaire).

L’emploi d’un professionnel qualifié : engager au minimum un salarié titulaire d’un CAP, BP ou BTS esthétique permet au dirigeant non diplômé d’ouvrir légalement son institut. Attention toutefois : cette solution génère des charges salariales dès le démarrage et crée une dépendance vis-à-vis du salarié qualifié.

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Les réglementations à respecter

Ouvrir un institut de beauté implique de se conformer à un cadre réglementaire strict visant à protéger la santé des clients et à garantir la sécurité des locaux.

Normes d’hygiène et de sécurité

Le règlement sanitaire départemental fixe les règles d’hygiène applicables aux établissements recevant du public pour des prestations esthétiques. Chaque département dispose de son propre règlement, accessible en préfecture ou en ligne. Ces textes imposent des normes concernant la propreté des locaux, le stockage des produits, la gestion des déchets et la qualité de l’air.

Les protocoles de stérilisation constituent un point central de la réglementation sanitaire. Tous les instruments réutilisables entrant en contact avec la peau doivent être nettoyés, désinfectés et stérilisés selon des procédures précises. Vous devez disposer d’un stérilisateur professionnel, tenir un registre de stérilisation et utiliser des produits conformes aux normes européennes. Les contrôles sanitaires vérifient systématiquement ces aspects.

Normes des locaux

Le statut d’ERP (Établissement Recevant du Public)

S’applique automatiquement à votre institut. Cette classification entraîne des obligations spécifiques en matière d’aménagement et de sécurité. Selon la surface et la capacité d’accueil, votre institut sera classé en 5ème catégorie (le plus courant pour les instituts de moins de 200m²).

L’accessibilité PMR (Personnes à Mobilité Réduite)

Est obligatoire pour tous les ERP. Votre établissement doit permettre l’accès et la circulation des personnes en situation de handicap : entrée de plain-pied ou rampe d’accès, largeur de portes suffisante, sanitaires adaptés si vous en proposez. Ces normes s’appliquent aux créations comme aux rénovations.

La conformité électrique et incendie fait l’objet de vérifications strictes. L’installation électrique doit respecter la norme NF C 15-100. Concernant la sécurité incendie, vous devez disposer d’extincteurs en nombre suffisant, de désenfumage le cas échéant, d’un éclairage de sécurité et d’issues de secours conformes. Un bureau de contrôle peut être sollicité pour valider la conformité avant ouverture.

Obligations légales

Au-delà des normes d’hygiène et de sécurité, trois obligations majeures encadrent votre activité. Premièrement, souscrivez une Responsabilité Civile Professionnelle (obligatoire) et une assurance des locaux, complétées par une assurance accident du travail si vous employez du personnel. Deuxièmement, conformez-vous au RGPD en protégeant les données de vos clients : informez-les de l’usage fait de leurs informations, sécurisez leur stockage et tenez un registre des traitements. Troisièmement, respectez les affichages obligatoires : tarifs visibles de l’extérieur, diplômes du personnel, interdiction de fumer et coordonnées de votre assurance. Ces obligations, bien que contraignantes, protègent votre activité et rassurent votre clientèle.

Ouvrir son salon étape par étape

Étape 1 : Réaliser une étude de marché

L’étude de marché est essentielle pour évaluer la viabilité de votre institut et guider toutes vos décisions. Elle commence par l’analyse de la demande locale : profils démographiques, pouvoir d’achat, habitudes de consommation et besoins non couverts afin d’identifier les prestations manquantes ou les niches à exploiter. Elle se poursuit par l’étude de la concurrence à travers une cartographie complète des instituts et salons voisins, l’observation de leurs offres, de leurs tarifs et de leurs faiblesses pour repérer les opportunités de différenciation. Ces éléments vous permettent ensuite de définir un positionnement clair – premium, accessible ou spécialisé – en cohérence avec votre environnement. Enfin, le choix de l’emplacement doit être guidé par l’analyse des flux et des dynamiques du quartier, qu’il s’agisse d’un centre-ville plus coûteux mais très fréquenté ou d’une zone commerciale plus abordable nécessitant davantage de visibilité.

Étape 2 : Construire son business plan

Le business plan sert à structurer votre projet, à prouver sa viabilité économique et à convaincre vos financeurs. Il présente votre vision, votre positionnement et votre offre, en définissant clairement vos prestations, votre grille tarifaire et une éventuelle gamme de produits à la vente. Il intègre un prévisionnel financier complet, incluant les investissements nécessaires avant l’ouverture (bail, aménagement, matériel, stock, communication), ainsi que l’ensemble des charges mensuelles à anticiper. Il repose aussi sur des prévisions de chiffre d’affaires réalistes, calculées à partir de votre capacité de production et du panier moyen, avec différents scénarios possibles. Enfin, un plan de trésorerie sur trois ans permet de visualiser les périodes sensibles, d’anticiper les besoins de financement et de viser un seuil de rentabilité généralement atteint entre un et deux ans.

Étape 3 : Choisir le bon statut juridique

Le choix du statut juridique conditionne votre fiscalité, votre protection sociale et votre capacité à développer votre institut. La micro-entreprise permet de démarrer facilement grâce à une création simple et peu coûteuse, mais son plafond de chiffre d’affaires et l’impossibilité de déduire les charges réelles la rendent peu adaptée à un institut en local. L’EURL constitue une option solide pour entreprendre seule, avec une bonne protection du patrimoine et la déduction des charges, malgré un coût comptable et des cotisations plus élevés. La SARL convient mieux aux projets à plusieurs associés grâce à un cadre juridique stable et un fonctionnement encadré. Enfin, la SASU ou la SAS offrent une grande flexibilité, facilitent l’entrée d’investisseurs et permettent au dirigeant de bénéficier d’un statut assimilé salarié, idéal pour des ambitions d’évolution ou de croissance rapide.

Étape 4 : Financer son projet

Financer un institut nécessite généralement entre 50 000 et 100 000 €, en combinant plusieurs leviers. Un apport personnel représentant 20 à 30 % du projet renforce votre crédibilité et peut provenir de votre épargne ou d’un soutien familial. Il est complété par un prêt bancaire, obtenu grâce à un dossier solide incluant business plan, étude de marché, devis, diplômes et bail commercial ; les banques demandent souvent des garanties et proposent des taux situés autour de 3,5 à 6 % sur 5 à 7 ans. À cela s’ajoutent des aides essentielles comme l’ACRE, l’ARCE ou l’ARE de Pôle Emploi, les prêts d’honneur à taux zéro, ainsi que les subventions régionales ou spécifiques à certains profils (femmes entrepreneures, zones prioritaires, dispositifs AGEFIPH). L’enjeu est d’explorer l’ensemble de ces dispositifs pour optimiser votre plan de financement.

Étape 5 : Réaliser les formalités de création

Une fois le financement sécurisé, vous pouvez engager les démarches administratives pour donner vie à votre institut. La première étape consiste à rédiger les statuts si vous créez une société (EURL, SARL, SASU ou SAS) : ils fixent les règles de fonctionnement et doivent idéalement être relus par un professionnel pour éviter toute erreur. L’immatriculation se fait ensuite via le guichet unique de l’INPI, où vous déposez vos pièces justificatives (identité, diplôme, bail, statuts, dépôt de capital, annonce légale) afin d’obtenir votre Kbis sous quelques jours. Plusieurs démarches complémentaires sont également nécessaires : publier une annonce légale, ouvrir un compte bancaire professionnel, déposer le capital avant immatriculation et vérifier votre affiliation URSSAF, ainsi que les déclarations obligatoires si vous recrutez du personnel.

Étape 6 : Trouver et aménager son local

Le choix du local est décisif, car il conditionne votre visibilité, votre image et l’expérience client. Il doit être adapté à votre projet, avec une surface cohérente, une vitrine en rez-de-chaussée et un agencement permettant d’intégrer cabines, accueil, stockage et zone technique. Le bail commercial mérite une vigilance particulière, notamment sur le loyer, les charges et la clause de destination, idéalement accompagnée par un professionnel. L’aménagement doit créer une ambiance soignée et immersive : cabines bien isolées, éclairage modulable, accueil chaleureux, couleurs apaisantes et atmosphère cocooning. Enfin, le budget doit intégrer les travaux, le mobilier spécialisé, le matériel obligatoire, les appareils selon vos prestations, la signalétique et le stock de départ, ce qui constitue un des principaux postes d’investissement.

 Étape 7 : Choisir ses produits et prestations

Le choix de vos produits et prestations construit l’identité de votre institut et oriente clairement votre positionnement. Il passe d’abord par la sélection de marques professionnelles cohérentes avec votre image, en privilégiant des gammes réservées aux instituts et en négociant formations, testeurs ou conditions d’achat. Votre carte de soins doit rester simple au départ, avec des prestations essentielles comme les soins du visage, les épilations et la beauté des mains/pieds, puis s’élargir progressivement selon la demande. La fixation des tarifs repose sur un calcul précis des coûts et une comparaison avec la concurrence afin de vous positionner de manière cohérente et rentable, tout en proposant des forfaits pour augmenter le panier moyen. Enfin, une petite gamme de produits retail permet de prolonger les soins à domicile et d’ajouter une source de revenus à forte marge, à condition d’adopter une approche de conseil personnalisée auprès de chaque cliente.

Étape 8 : Se faire connaître

Pour assurer la réussite de votre institut, votre communication doit commencer bien avant l’ouverture. Elle repose d’abord sur une identité de marque forte, avec un nom mémorisable, un logo professionnel, une charte graphique cohérente et des valeurs clairement affirmées. Votre présence digitale est ensuite incontournable : un site web clair avec prise de rendez-vous en ligne, une fiche Google My Business optimisée, et une communication régulière sur Instagram et Facebook à travers photos, conseils et contenus locaux. Au moment du lancement, multipliez les actions de proximité : teasing en ligne, flyers, partenariats avec les commerces du quartier, journée portes ouvertes et offres de lancement. Un programme de fidélité et le parrainage vous aideront à constituer rapidement une clientèle stable et engagée.

Les erreurs à éviter au démarrage

Négliger l’étude de marché : ouvrir sans analyser la demande locale et la concurrence mène à de mauvaises décisions de positionnement et d’emplacement.

Sous-estimer la trésorerie nécessaire : prévoir uniquement l’investissement de départ sans budget de fonctionnement pour les 6-12 premiers mois crée une asphyxie financière rapide.

Choisir un mauvais emplacement : un loyer économique dans une zone sans passage condamne votre visibilité. L’emplacement vaut investissement.

Se passer de qualification : vouloir contourner l’obligation de diplôme ou employer quelqu’un juste pour la légalité sans maîtriser soi-même les techniques compromet la qualité et votre crédibilité.

Tarifs inadaptés : trop bas (pas rentable, dévalue votre image), trop élevés sans justification (clientèle insuffisante), ou incohérents (distordus selon les prestations).

Multiplier les prestations : vouloir tout proposer dès le début disperse vos investissements et dilue votre expertise. Commencez avec une offre maîtrisée, élargissez progressivement.

Ignorer le digital : en 2025, un institut sans présence en ligne (site, Google My Business, réseaux sociaux, réservation en ligne) est invisible pour une large part de la clientèle, notamment les jeunes générations.

Ouvrir un institut de beauté est un projet exigeant qui allie passion de l’esthétique et compétences entrepreneuriales. Les 9 étapes présentées dans ce guide constituent la feuille de route pour transformer votre rêve en entreprise viable.

L’importance de la préparation : chaque heure investie en amont dans la réflexion, la formation et la planification augmente significativement vos chances de succès. Les instituts qui échouent souffrent généralement d’une préparation insuffisante, d’un manque de qualification, ou d’une sous-estimation des besoins financiers.

Se former avec Sorado Formation : au-delà du diplôme obligatoire, Sorado Formation vous accompagne dans votre projet entrepreneurial global. Nos formations intègrent les compétences techniques esthétiques et les savoir-faire business indispensables : gestion, marketing, relation client, pilotage financier.

Nous proposons des parcours adaptés à tous les profils : formation initiale CAP/BP/BTS pour les débutants, formations continues pour les professionnels souhaitant se perfectionner, et modules spécifiques création d’entreprise. Notre réseau d’anciens élèves et nos partenariats avec les acteurs du secteur facilitent votre insertion professionnelle et votre développement commercial.

Prêt(e) à vous lancer ? Contactez Sorado Formation pour un rendez-vous personnalisé. Ensemble, construisons votre projet d’institut de beauté et donnons vie à votre ambition professionnelle.

Questions fréquentes

Quel diplôme faut-il pour ouvrir un institut de beauté ?

Au minimum, une personne effectuant des soins dans l’institut doit détenir un CAP Esthétique Cosmétique Parfumerie, un BP Esthétique ou un BTS MECP. Vous pouvez ouvrir sans diplôme si vous avez 3 ans d’expérience comme dirigeant dans l’esthétique ou si vous employez un salarié qualifié.

Quel budget prévoir pour ouvrir un institut ?

Comptez entre 50 000 et 100 000€ selon la taille, l’emplacement et le niveau de prestations. Ce budget couvre le droit au bail, les travaux, les équipements, le stock de départ et une trésorerie de sécurité pour les premiers mois.

Quel statut juridique choisir pour son salon de beauté ?

Pour un institut en local commercial solo : l’EURL est idéale (protection patrimoniale, crédibilité, déduction des charges). Pour s’associer : SARL. Pour un projet très évolutif : SASU. La micro-entreprise ne convient que pour tester à domicile.

Combien de temps prennent les démarches de création ?

De la décision de créer à l’ouverture effective, comptez 6 à 12 mois : 2-3 mois pour le business plan et la recherche de financement, 1-2 mois pour trouver le local, 2-4 mois de travaux, 1 mois pour les formalités administratives et l’approvisionnement.

Peut-on ouvrir un institut à domicile ?

Oui, sous conditions : votre domicile doit respecter les normes ERP et d’hygiène, vous devez disposer d’un espace dédié avec accès indépendant idéalement, et vérifier que votre bail ou règlement de copropriété l’autorise. La micro-entreprise suffit pour débuter, mais le développement sera limité.

Franchise ou institut de beauté indépendant ?

La franchise offre une notoriété immédiate, une formation et un concept clés en main, mais impose un droit d’entrée, des royalties mensuelles, et limite votre liberté. L’indépendance permet une personnalisation totale et garde toute la marge, mais demande plus d’efforts marketing et d’expérience.